Il se passe quelque chose d’inattendu dans mon rapport à ce site, et que je ne m’explique pas tout à fait. J’en livre donc la confidence, et la petite énigme, aux visiteurs et visiteuses. Ils ou elles sont plutôt rares, ces temps-ci (mais d’autant plus précieux) et comme on va le lire ce n’est pas sans lien avec ce que je voudrais rapporter ici.

J’ai nourri le site, depuis au moins quelques semaines, peut-être un peu plus, d’assez nombreuses publications nouvelles, dont certaines brèves et informatives, et d’autres beaucoup plus consistantes. Les infos étaient parfois majeures (« Actualités », le 19 mai 2022…) et, en tout cas, diverses rubriques ont vu apparaître, par exemple dans le « Journal public » des entrées substantielles, qui m’importent vivement, dans le double registre que les contributions y font alterner désormais : théologique d’un côté, politique de l’autre. Sans lien explicite. (Et parfois sur un autre mode : plus narratif – « Underwood », le  21 juin dernier.) Autre exemple : les « Écrits théoriques de jeunesse », qui retracent une sorte d’histoire intellectuelle d’un jeune homme à la fin des années 60, ont intégré plusieurs rééditions d’articles anciens devenus introuvables, et plus encore les préfaces, parfois abondantes, qui viennent en éclairer le contexte et en interroger le contenu. Tout ceci, et d’autres choses, contribue à donner au site une matière fortement enrichie et renouvelée.

Or, l’énigme tient à ceci : je ne fais aucune publicité autour de ces parutions, qui pourtant me tiennent à cœur et me demandent un fort engagement. Je dispose de deux moyens d’information patiemment construits, pour alerter des correspondants sur de nouvelles publications : d’une part, une lettre d’informations, qui parvient aujourd’hui à environ 1800 personnes (liste attentivement mise à jour), et ma page Facebook, à laquelle sont liés 3500 « amis » – qui bien sûr ne la consultent pas tous. Lorsque je fais connaître, de façon quelque peu précise, une nouvelle parution par l’un ou l’autre de ces moyens, et a fortiori par les deux combinés, la fréquentation du site monte en flèche pendant deux ou trois jours. Or, je n’ai rien fait de tel depuis assez longtemps. J’ai signalé discrètement l’arrivée de nouveaux articles (mais sans rien en dire) sur la lettre d’informations, il y a déjà plusieurs semaines au moins. Et quant à la page Facebook, je n’y a rien fait apparaître à ce propos. C’est étrange, non ?

Il se trouve que ce relatif silence n’a rien à voir avec de la négligence ou de la distraction. Je « sens » qu’il a quelque chose de délibéré. Aucun désir de clandestinité : puisque je publie sur le site, lequel est public et ouvert à tous vents. C’est autre chose, je ne sais pas bien quoi. Il est plus que probable qu’à la fin de l’été, à l’occasion d’événements un peu marquants, je ferai circuler une information plus résolue. Mais elle ne pourra pas attirer l’attention sur les multiples contenus de ces récentes publications, seulement sur les plus fraîches au moment où elle aura lieu. Et le reste continuera de n’être trouvable que pour les visiteurs, ou visiteuses, les plus obstinés, qui sont peu nombreux – et dont la fidélité anonyme m’est d’autant plus précieuse. Je ne sais pas trop rendre raison de ce micro-mystère, mais ainsi va cette petite aventure éditoriale – et je signale donc le fait aux amis persévérants et inconnus.

Que je salue alors, chaleureusement.